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Rivière-du-Loup, un endroit trop peu connu pour observer les baleines dans le Saint-Laurent!

15 avril 2016   |   Par Le Québec maritime    |   Régions Bas-Saint-Laurent

Photo : Marc Loiselle

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Jean-Pierre Sylvestre est photoreporter animalier. Biologiste spécialisé dans les mammifères marins, il partage son temps entre le fleuve Saint-Laurent, l’Argentine et l’Antarctique pour suivre la route de sa passion : les baleines. Il a écrit plusieurs livres dont Les baleines et autres rorquals, édité chez Delachaux & Niestlé, collection « Les sentiers du naturaliste ». Il a choisi le Bas-Saint-Laurent comme pied à terre entre ses voyages. 

Nous avons demandé à Jean-Pierre Sylvestre pourquoi il a tant aimé ses étés en tant que guide, alors qu’il commentait les croisières aux baleines sur le bateau de 
Croisières AML basé à Rivière-du-Loup. Voici un résumé des propos qu’il nous a livrés.

On pense facilement à Tadoussac pour l’observation des baleines, mais peu à la rive sud du Saint-Laurent; pourtant les animaux marins sont plus nombreux ce côté-ci! 

En plus des petits rorquals et des rorquals communs aperçus régulièrement, et des occasionnelles baleines à bosse (mégaptères), un troupeau de bélugas fréquente le fleuve à plein temps près de Rivière-du-Loup. Ces cétacés sont territoriaux : on les voit souvent du quai et ils suivent à peu près les mêmes corridors de circulation, entre l’île aux Lièvres, l’île Verte et l’île aux Coudres. Comme cette zone est peu fréquentée par les embarcations, ces animaux curieux vont souvent vers les visiteurs.

Chaque rencontre avec une baleine est unique et les sorties, différentes les unes des autres, dépendamment d’une foule de facteurs. Seule la magie est constante! Être guide me permettait de sortir en mer tous les jours; j’étais un spectateur privilégié!

Un été par exemple, nous avons observé l’accouplement de bélugas à moins de 5 km au large de Rivière-du-Loup. Lors d’une autre sortie, près de l’île aux Lièvres, nous avons assisté au rassemblement d’un rorqual bleu, d’un mégaptère et d’un rorqual commun en train de se nourrir. Dans un pareil moment, inutile de parler ou d’aller plus loin : on arrête, on se tait et on admire!

Les baleines aiment jouer avec les navires; un jour, alors que des visiteurs se trouvaient sur la passerelle surmontant l’étrave, trois rorquals communs ont littéralement foncé vers eux pour ne plonger qu’au tout dernier moment; ces visiteurs ont eu la frousse, mais il n’y avait aucun danger, bien entendu. 

Une autre fois, une baleine bleue a fait surface à environ un mètre, parallèlement au bateau, comme si elle voulait s’y mesurer. 

Je me souviens aussi de ce baleineau qui s’est éloigné de sa mère pour venir toucher la coque du bout de son museau. Ces quelques secondes d’émotion pure valent des heures d’attente!

Rivière-du-Loup est facilement et rapidement accessible par l’autoroute 20, à 4 h 30 de Montréal et 2 h de Québec. Il n’y a aucune raison de ne pas y venir!