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L'île Verte, les pieds dans la boue

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Par Olivier Pierson

Québec le Mag

Si vous recherchez une activité insolite à tester cet été au Québec, on vous recommande fortement le Sentier de la bouette. Chaque année, cet événement chevillé au Bas-Saint-Laurent attire des centaines de personnes dans une ambiance bon enfant. Elles rejoignent à pied l’île Verte en profitant d’une grande marée. Ça colle, ça mouille et on a du fun !

« On retrouve notre âme d’enfant. » Cette amie venue me rendre visite avec mari et ado ne croyait pas si bien dire à l’arrivée du Sentier la bouette. Nous étions sales mais heureux.

Lors de leur venue au Québec en juillet 2017, je leur avais proposé de prendre part à cette expérience aquatico-boueuse lors de notre passage dans le Bas-Saint-Laurent, qui compte quelques très beaux villages comme Kamouraska, Cacouna ou encore Notre-Dame du Portage, où une enfilade de résidences plus charmantes les unes que les autres font face au fleuve – devenu estuaire – et ses couchers de soleil somptueux. Presque un pléonasme dans cette région réputée pour ses crépuscules haut de gamme. Avant de nous jeter dans le grand bain [de boue], nous avions passé deux jours sur la rustique et surprenante île Verte. Il avait fallu nous lever très tôt pour prendre le traversier La Richardière devant nous conduire jusqu’au point de départ, prévu sur le quai de la municipalité de l’Isle-Verte, sur la rive sud. Vers 4h du matin, les yeux pas encore en face des trous, on avait trouvé du réconfort dans une aube donnant à l’obscurité vacillante des allures de cocktail. Le soleil était encore en pyjama, et le dégradé de couleurs qui précédait sa résurrection avait fière allure.

UNE FOULE HÉTÉROCLITE

Quatre heures plus tard, le Saint-Laurent avait l’air bien maigrichon. La grande marée avait fait son œuvre. Elle avait aspiré sa prestance.

Vers 8h, le quai était bondé. Le stationnement, très vite saturé, avait incité les automobilistes à se garer de chaque côté de la route menant au petit embarcadère. Il y avait foule : plus de 400 inscrits. Beaucoup de gens de la région, un mélange de fidèles et de néophytes, d’adultes et d’enfants, prêts à accomplir cette traversée d’à peine 5 km, que les plus pressés allaient avaler en deux heures. Quelques chiens étaient aussi de la partie, comme Virgule, un caniche royal reconnaissable à son bandana rouge autour du cou, imperturbable malgré l’effervescence ambiante et dont c’était la 3e expérience du genre.

Avant le top départ, le comité d’organisation avait dispensé les dernières consignes à l’aide d’un porte-voix. Des classiques d’une édition à l’autre : apporter de l’eau et de quoi se sustenter, des vêtements de rechange… et bien sûr de la crème solaire pour se protéger des rayons du soleil, radieux cette fameuse journée du 23 juillet. J’avais constaté, amusé, que certains participants avaient enserré leurs chaussures avec du ruban adhésif, histoire de ne pas les perdre, en particulier à proximité des rives, devenu un véritable bourbier, fort potentiel de succion inclus.

 

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Gérald Dionne, figure bien connue de l’île Verte, était au nombre des guides qui encadraient la traversée en juillet 2017. © Olivier Pierson

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